Le bachotage, ça marche ? La réponse courte
Bachoter, c'est-à-dire réviser à la dernière minute, marche mieux que ne pas réviser du tout, et son avantage s'arrête là. Une longue séance la veille fera monter la note du lendemain par rapport à ne rien faire. Elle ne vaudra pas les mêmes heures réparties sur plusieurs jours : dans l'étude de Nate Kornell sur les flashcards, le taux de rappel des mots bachotés le dernier jour d'étude était de 34 % le lendemain, contre 54 % pour les mots dont l'étude s'étalait sur quatre jours. Dans les expériences qui testent les participants à la fois peu après et plus tard, l'étude massée ne prend l'avantage que lors d'un test passé quelques minutes après la séance.
Le problème le plus sérieux, c'est la vitesse à laquelle ce qu'on a bachoté s'efface. Quand les mêmes notions reviennent à l'examen final, vous finissez par les apprendre deux fois. Et si le bachotage tourne à la nuit blanche, vous empiétez aussi sur le sommeil dont votre cerveau se sert pour conserver ce que vous avez étudié.
Le bachotage est donc un moyen qui fonctionne pour s'en sortir de justesse demain, et un mauvais moyen de connaître encore la matière le mois prochain. Si vous lisez ces lignes la veille d'un examen, le plan pas à pas présenté plus bas est une meilleure façon de bachoter que celle de la plupart des gens.
Le bachotage dans le vocabulaire des chercheurs
Les chercheurs parlent rarement de « bachotage ». Ils parlent de pratique massée : concentrer toute l'étude d'un sujet en un seul bloc. À l'inverse, la pratique distribuée, ou pratique espacée, répartit le même temps d'étude total sur plusieurs séances séparées par des intervalles.
Le bachotage, c'est de la pratique massée assortie d'une échéance. L'article de Kornell de 2009 le définit comme le fait de « concentrer l'étude sur la dernière journée avant le test ». Cette définition sépare deux questions que l'on a tendance à confondre :
- Le temps total. En règle générale, plus on consacre d'heures à l'étude, mieux c'est.
- La répartition dans le temps. Pour un même nombre d'heures, cela change-t-il quelque chose qu'elles soient regroupées en un seul bloc ou étalées ?
Les recherches sur le bachotage portent sur la seconde question, et la réponse remonte aux débuts de la science de la mémoire. Hermann Ebbinghaus, qui a appris par cœur des listes de syllabes sans signification pour son ouvrage sur la mémoire paru en 1885, a constaté que 38 répétitions réparties sur trois jours produisaient autant d'effet sur une liste de 12 syllabes que 68 répétitions entassées en une seule journée. Nous détaillons ses expériences dans notre article sur la courbe de l'oubli.
Ce phénomène porte aujourd'hui le nom d'effet d'espacement, et c'est l'un des résultats les plus reproduits de la psychologie. Une revue publiée en 2006 par Nicholas Cepeda, Harold Pashler et leurs collègues a rassemblé 839 évaluations de la pratique distribuée, issues de 317 expériences publiées dans 184 articles. Dans l'ensemble de cette littérature, l'étude espacée l'a emporté sur l'étude massée, et le meilleur intervalle entre les séances s'allongeait à mesure que le test final s'éloignait.
Le bachotage est-il efficace ? Ce qu'ont montré les études
Trois types d'expériences font apparaître le même schéma.
Les études qui font varier le moment du test. Katherine Rawson et Walter Kintsch ont fait lire à des étudiants de licence un texte de 1 730 mots sur la séquestration du carbone, une ou deux fois. La seconde lecture avait lieu soit juste après la première (lecture massée), soit une semaine plus tard (lecture distribuée). Lors d'un test passé juste après la dernière lecture, relire d'affilée était plus utile qu'une lecture unique, et dans leur première expérience, les étudiants qui avaient relu d'affilée se souvenaient aussi de davantage d'éléments que le groupe distribué. Lors d'un test deux jours plus tard, le groupe distribué l'emportait à la fois en rappel et en compréhension, et ceux qui avaient relu d'affilée ne faisaient pas mieux que les étudiants qui n'avaient lu le texte qu'une fois. D'où le titre de l'article : « Rereading Effects Depend on Time of Test » (les effets de la relecture dépendent du moment du test).
Une étude menée en classe en 2019 par Carla Greving et Tobias Richter a retrouvé le même schéma auprès de 191 élèves de 7e année (l'équivalent de la cinquième). La relecture massée l'emportait lors d'un test immédiat. Une semaine plus tard, l'avantage avait disparu, parce que les élèves qui avaient espacé leurs relectures avaient moins oublié.
Les études sur les flashcards. Dans les expériences de Kornell, des étudiants apprenaient des paires de mots de type GRE (un examen américain d'admission en master et en doctorat) à l'aide d'un programme de flashcards en ligne, et passaient le test final environ une journée après leur dernière séance. Étudier une seule grande pile, ce qui laisse plus de temps entre les répétitions de chaque carte, s'est révélé plus efficace que l'étude séparée de quatre petites piles : 49 % de rappel contre 36 % dans la première expérience. Dans la seconde, le taux de rappel des mots bachotés le dernier jour d'étude était de 34 %, contre 54 % pour les mots étudiés sur les quatre jours.
Les études qui comparent relecture et test. Henry Roediger et Jeffrey Karpicke ont demandé à des étudiants de relire un texte en prose et de s'exercer à restituer de mémoire un autre texte. Cinq minutes plus tard, le texte relu semblait l'emporter : 81 % de rappel contre 75 %. Deux jours plus tard, le texte restitué de mémoire menait par 68 % contre 54 %, et au bout d'une semaine, par 56 % contre 42 %.
C'est leur deuxième expérience qu'il faut retenir. Certains étudiants lisaient un texte pendant une seule période de cinq minutes, puis tentaient de le restituer de mémoire trois fois. D'autres consacraient les quatre périodes à l'étudier. Une semaine plus tard, le groupe « rappel » en retenait 61 % et le groupe « étude seule » 40 %, alors que ce dernier avait lu le texte 14,2 fois en moyenne, contre 3,4 fois pour le groupe « rappel ». Relire les mêmes pages encore et encore, sans jamais se tester : voilà une description assez fidèle de la plupart des séances de bachotage.
| Étude | Participants et matériel | Condition massée ou relecture | Condition espacée ou test | Résultat |
|---|---|---|---|---|
| Ebbinghaus (1885) | Lui-même, des listes de syllabes sans signification | 68 répétitions en une journée | 38 répétitions sur trois jours | Le même apprentissage avec 30 répétitions de moins |
| Rawson et Kintsch (2005) | Étudiants de licence, un texte scientifique de 1 730 mots | Seconde lecture immédiate | Seconde lecture une semaine plus tard | La lecture massée battait une lecture unique lors d'un test immédiat ; deux jours plus tard, seule la lecture espacée la battait |
| Roediger et Karpicke (2006) | Étudiants de licence, textes en prose | Quatre périodes d'étude | Une période d'étude, puis trois tests de rappel | 40 % contre 61 % retenus au bout d'une semaine |
| Kornell (2009) | Étudiants, paires de mots de type GRE | Petites piles, ou bachotage le dernier jour | Une grande pile, ou étude répartie sur plusieurs jours | Le lendemain, 34 % pour les mots bachotés contre 54 % pour les mots espacés |
| Greving et Richter (2019) | 191 élèves de 7e année, en classe | Relecture massée | Relecture distribuée | La relecture massée l'emportait immédiatement ; aucune différence une semaine plus tard |
Il s'agit d'études contrôlées sur des contenus courts, pas sur des cours entiers. Les vrais examens demandent en outre d'appliquer des idées, ce que ces tests mesuraient à peine. Mais aucune de ces études n'a trouvé le bachotage en tête lors d'un test passé au moins un jour plus tard.
Pourquoi le bachotage donne l'impression de fonctionner
Si l'espacement est plus efficace, pourquoi la plupart des apprenants croient-ils le contraire ? Parce que le bachotage produit une sensation qu'il est facile de confondre avec l'apprentissage.
Lisez un chapitre trois fois de suite, et la troisième lecture vous paraît fluide. Vous reconnaissez chaque phrase. Cette aisance est réelle, mais vous la mesurez quelques minutes après avoir regardé la page pour la dernière fois. L'examen demande quelque chose de plus difficile : êtes-vous capable de restituer tout cela à partir de rien, des jours plus tard, sans la page sous les yeux ?
Les chercheurs ont mesuré directement cet écart entre la sensation et le résultat :
- Kornell (2009). Sur 70 participants, l'espacement a produit un meilleur rappel chez 63 d'entre eux. Pourtant, après la première séance d'étude, 42 des 58 personnes qui pensaient qu'une méthode avait mieux fonctionné que l'autre (72 %) ont désigné la pratique massée.
- Kornell et Robert Bjork (2008). Des participants apprenaient à reconnaître le style de différents peintres à partir d'exemples présentés soit les uns à la suite des autres, soit mélangés aux œuvres d'autres artistes. Dans la première expérience, 78 % ont obtenu de meilleurs résultats avec la présentation mélangée, et pourtant la même proportion, 78 %, a déclaré que la présentation massée avait été aussi efficace, voire plus. Ils ont donné cette réponse après un test où le mélange avait mieux fonctionné pour la plupart d'entre eux.
- Roediger et Karpicke (2006). Les étudiants qui avaient passé les quatre périodes à relire prédisaient qu'ils retiendraient mieux le texte que ceux qui s'étaient testés. Une semaine plus tard, ce sont eux qui en retenaient le moins.
La « nouvelle théorie du non-usage » de Robert et Elizabeth Bjork en offre l'explication la plus claire. Elle distingue deux types de force mnésique. La force de récupération désigne la facilité avec laquelle une chose vous revient à l'esprit sur le moment ; elle peut grimper en flèche pendant une séance et retomber en quelques jours. La force de stockage désigne la profondeur à laquelle cette chose est apprise ; elle s'accumule avec l'étude et, selon la théorie, ne se perd jamais.
Le bachotage fait grimper très vite la force de récupération : c'est ce sentiment d'assurance que vous éprouvez à minuit. Il ajoute bien moins de force de stockage, et c'est sur la force de stockage que vous comptez une semaine plus tard.
La seconde moitié de la théorie explique pourquoi l'espacement paraît moins efficace qu'il ne l'est. Retrouver une chose après l'avoir en partie oubliée apporte davantage de force de stockage que s'en souvenir alors qu'elle est encore fraîche. Les séances qui semblent les moins productives, celles où vous peinez à vous souvenir, sont donc souvent celles qui rapportent le plus.
Pourquoi la plupart des étudiants bachotent quand même
En 2012, Marissa Hartwig et John Dunlosky ont demandé à 324 étudiants de licence de la Kent State University comment ils étudiaient. Voici quelques-unes de leurs réponses :
| Question de l'enquête | Réponse | Part des étudiants |
|---|---|---|
| Stratégies utilisées régulièrement | « Bachoter » beaucoup d'informations la veille de l'examen | 66 % |
| Stratégies utilisées régulièrement | Souligner ou surligner pendant la lecture | 72 % |
| Comment décidez-vous de ce que vous allez étudier ensuite ? | Ce qui arrive à échéance en premier ou qui est déjà en retard | 56 % |
| Comment décidez-vous de ce que vous allez étudier ensuite ? | Je planifie mon emploi du temps de révision à l'avance | 13 % |
| Espacer ou concentrer ? | J'étudie le plus souvent en une seule séance | 53 % |
C'est la réponse liée aux échéances qui explique le mieux le phénomène. Quand Kornell et Bjork avaient posé la même question à des étudiants de l'UCLA en 2007, 59 % l'avaient eux aussi choisie. Si vous étudiez toujours ce qui arrive à échéance en premier, vous bachoterez par défaut, parce que l'échéance la plus proche accapare toute votre attention juste avant d'arriver. Hartwig et Dunlosky ont aussi constaté que les étudiants aux résultats les plus faibles étaient plus enclins à étudier tard le soir, et que les échéances dictaient les révisions de tout le monde, les leurs plus que toutes les autres.
Le bachotage est donc moins un défaut de caractère que le résultat prévisible d'un emploi du temps dicté par les échéances, quand rien d'autre n'est prévu. Le remède relève du calendrier, pas de la volonté.
Les 72 % qui surlignent méritent aussi qu'on s'y arrête. Dans une revue de 2013, Dunlosky et ses collègues ont jugé le surlignage d'« utilité faible », au même titre que la relecture ; les deux techniques d'« utilité élevée » étaient le test d'entraînement et la pratique distribuée. Un surlignage est un repère qui signale ce à quoi revenir, et il ne rapporte quelque chose que si vous y revenez.
Faut-il faire une nuit blanche avant un examen ?
En général, non. Bachoter et faire une nuit blanche sont deux décisions distinctes : vous pouvez bachoter de 18 h à 23 h et dormir quand même. La nuit blanche ajoute un second coût à celui de la pratique massée, et les recherches sur ce coût sont sans appel.
Manquer de sommeil avant d'apprendre. Dans une étude de 2007 issue du laboratoire de Matthew Walker (Yoo et ses collègues), des volontaires sont restés éveillés pendant environ 35 heures, puis ont regardé des images dans un appareil d'IRM. Deux jours plus tard, après avoir rattrapé leur sommeil, ils se souvenaient des images 19 % moins bien en moyenne que les volontaires qui avaient dormi normalement, et Walker a indiqué que le déficit atteignait jusqu'à 40 %. Vous verrez souvent ce « 40 % » cité seul : c'est le haut de la fourchette, pas la moyenne.
Manquer de sommeil après avoir appris. En 2000, Robert Stickgold et ses collègues James et Hobson ont entraîné des participants à une tâche de discrimination visuelle. Ceux qu'on avait tenus éveillés la première nuit suivant l'entraînement n'ont montré aucune amélioration significative lorsqu'ils ont été testés après deux nouvelles nuits de sommeil normal. Le sommeil de rattrapage n'a pas compensé la première nuit. Il s'agissait d'une compétence perceptive, mais un schéma semblable apparaît pour les faits : Gais, Lucas et Born ont constaté en 2006 que la mémorisation du vocabulaire était meilleure quand le sommeil survenait dans les quelques heures suivant l'apprentissage.
Le lendemain. Dans une étude de 2013, Gillen-O'Neel, Huynh et Fuligni ont demandé à 535 lycéens de tenir un journal quotidien pendant 14 jours en 9e année, puis de nouveau en 10e et en 12e année (l'équivalent de la troisième, de la seconde et de la terminale). Les nuits où un élève sacrifiait du sommeil pour étudier plus que d'habitude étaient suivies, le lendemain, de davantage de difficultés à comprendre ce qui était enseigné en classe et d'un risque accru d'avoir du mal lors d'un contrôle ou d'un devoir. Cela se vérifiait quelle que soit la quantité de travail habituelle de l'élève.
Votre propre jugement. Pilcher et Walters ont fait passer un test d'esprit critique à 44 étudiants, après 24 heures d'éveil ou après environ 8 heures de sommeil. Les étudiants privés de sommeil ont obtenu des scores significativement plus bas. Ils jugeaient aussi leur concentration et leurs efforts plus élevés, et estimaient leur performance significativement meilleure. La nuit blanche vous rend moins bon au test, et moins apte à vous en apercevoir.
L'enquête menée en 2008 par Pamela Thacher auprès de 120 étudiants de la St. Lawrence University apporte une donnée corrélationnelle : les étudiants qui avaient déjà fait une nuit blanche avaient une moyenne générale (GPA, sur 4) de 2,95, contre 3,20 pour ceux qui n'en avaient jamais fait. Cela ne prouve pas de lien de cause à effet, mais c'est cohérent.
Nous détaillons ce qui arrive à la mémoire pendant la nuit dans notre article sur le sommeil et l'apprentissage.
Comment bachoter pour un examen quand vous n'avez pas le choix
Parfois, vous manquez tout simplement de temps. Ce plan ne transformera pas une soirée en un semestre de révisions, mais il vous permettra d'en tirer davantage.
- Commencez par trier. Passez 15 minutes à lister tous les sujets couverts par l'examen, à l'aide du programme, du guide de révision ou des annales. Classez-les selon ce qu'ils rapportent et selon la fragilité de vos connaissances. Vous ne couvrirez pas tout : choisissez donc délibérément, plutôt que dans l'ordre des pages.
- Remplacez la relecture par la récupération. Lisez une partie une seule fois, refermez le livre, et notez tout ce dont vous vous souvenez. Vérifiez ensuite, et comblez les lacunes. C'est la méthode du blurting, et c'est la version « veille d'examen » du résultat de Roediger et Karpicke : moins de passages sur la matière, plus de tentatives pour la faire sortir de votre tête. Les questions d'entraînement et les annales remplissent le même rôle.
- Mélangez au lieu de regrouper. Gardez vos flashcards en une seule grande pile au lieu de répéter de petites piles jusqu'à les connaître parfaitement : c'est l'espacement au sein d'une même séance qui a fonctionné dans les expériences de Kornell. Pour les séries d'exercices, mélangez les types de problèmes au lieu d'en faire dix du même type d'affilée, un peu comme le mélange des artistes a aidé les participants à apprendre le style des peintres dans l'étude de Kornell et Bjork.
- Découpez la soirée en plusieurs tours. Deux ou trois passages sur le contenu, entrecoupés de pauses ou d'une autre matière, valent mieux qu'un seul bloc ininterrompu. Les intervalles seront courts : vous ne profiterez donc que d'une partie du bénéfice de l'espacement. S'exercer au rappel reste payant avec des intervalles courts (dans l'étude de Roediger et Karpicke, les trois tests de rappel n'étaient séparés que de quelques minutes), mais espacer davantage les tours de rappel aide encore plus.
- Arrêtez-vous, puis dormez. Faites un dernier tour de rappel sur vos sujets les plus fragiles, et allez vous coucher. Dans une étude de 2016 menée par Mazza et ses collègues, des participants ont appris des mots swahilis associés à leur traduction en français, puis les ont réappris 12 heures plus tard. Ceux qui avaient dormi entre-temps ont eu besoin d'environ deux fois moins de cycles pour réapprendre la liste (3,05 contre 5,80). Six mois plus tard, ils se souvenaient de 8,67 mots sur 16, contre 3,35 pour le groupe qui avait appris et réappris dans la même journée.
- Le matin, restituez de mémoire. Ne relisez pas. Pendant 20 minutes, notez de mémoire les principaux sujets (c'est le blurting), vérifiez ce qui manque, et arrêtez-vous là. Le rappel résiste aussi mieux à la pression. Dans une étude de 2016 menée à l'université Tufts par Smith, Floerke et Thomas, les personnes qui avaient appris par la pratique de récupération ne présentaient aucune altération de la mémoire lorsqu'elles étaient placées en situation de stress un jour plus tard. Celles qui avaient appris en réétudiant la matière se souvenaient de moins d'éléments, surtout sous stress.
- Si vous êtes anxieux, couchez vos inquiétudes sur le papier. Dans deux études menées en classe auprès d'élèves de 9e année en cours de biologie, Ramirez et Beilock ont constaté que, dans la moitié la plus anxieuse face aux examens, les élèves qui avaient passé 10 minutes à écrire sur leurs inquiétudes juste avant l'examen final obtenaient en moyenne un B+, contre un B- (dans le barème américain, qui note de A à F) pour des camarades tout aussi anxieux qui n'avaient pas écrit.
Voici ce que cela donne pour un examen à 9 h :
| Heure | Que faire | Pourquoi |
|---|---|---|
| 18 h | Lister les sujets, les classer selon leur poids et vos points faibles | Vous ne pouvez pas tout couvrir : il faut choisir |
| De 18 h 15 à 20 h | Tour 1 : lire chaque sujet une fois, puis tout noter de mémoire (blurting) ou répondre à des questions d'entraînement | Le rappel bat la relecture (Roediger et Karpicke, 2006) |
| De 20 h à 20 h 30 | Pause, repas ou autre matière | Crée un intervalle avant le tour 2 |
| De 20 h 30 à 22 h 30 | Tour 2 : tout restituer de mémoire, en insistant sur ce qui vous a échappé | Des répétitions espacées battent des répétitions enchaînées, même au sein d'une seule séance (Kornell, 2009) |
| De 22 h 30 à 23 h | Uniquement les sujets les plus fragiles, de mémoire | Dormir peu après l'étude aide à retenir (Gais et ses collègues, 2006) |
| 23 h | Dormir au moins 7 heures | Le sommeil entre deux séances a réduit de moitié l'effort de réapprentissage (Mazza et ses collègues, 2016) |
| 7 h 30 | 20 minutes de rappel, sans relecture | Ce qui avait été appris par le rappel a résisté au stress (Smith et ses collègues, 2016) |
| Juste avant l'examen | 10 minutes à écrire sur vos inquiétudes, si vous êtes anxieux | B+ contre B- chez les élèves anxieux (Ramirez et Beilock, 2011) |
Ce que vous supprimez, c'est la partie qui ressemble le plus à de l'étude : la relecture. C'est aussi l'une des techniques que la recherche soutient le moins.
Bachotage ou répétition espacée : comment ne plus avoir à bachoter
| Critère | Bachotage (étude massée) | Étude espacée |
|---|---|---|
| Test quelques minutes plus tard | Souvent aussi bon, parfois meilleur | Similaire ou inférieur |
| Test le lendemain | Déjà distancé (34 % contre 54 % chez Kornell, 2009) | En tête |
| Test plusieurs jours ou semaines plus tard | Chute rapidement | Tient beaucoup mieux |
| Ce qu'on ressent | Aisance, sentiment d'efficacité | Plus d'effort, moins de certitude |
| Ce que prédisent les apprenants | Généralement jugé plus efficace | Généralement sous-estimée |
| Sommeil | Souvent sacrifié | Préservé |
| Examen final cumulatif | Réapprendre une grande partie de la matière | Réviser ce que vous avez retenu |
C'est sur la dernière ligne que le bachotage coûte le plus cher. La matière des examens de mi-semestre revient à l'examen final, puis dans le cours suivant, qui suppose que vous la maîtrisez. Tout ce que vous avez bachoté sans jamais le réviser doit être réappris.
Quel écart laisser entre les séances ? En 2008, Cepeda et ses collègues ont testé plus de 1 350 personnes et constaté que le meilleur intervalle dépend de la date du test. Pour un test prévu dans une semaine, le meilleur intervalle était d'environ un à trois jours. Pour un test prévu dans un an, il était d'environ trois à quatre semaines. Bien choisir l'intervalle était payant : à temps d'étude égal, le meilleur intervalle produisait 64 % de rappel en plus, en moyenne sur les quatre délais de test, qu'une révision commencée juste après la première séance.
Inutile de respecter ces intervalles à la lettre. Deux calendriers fixes transforment l'idée en plan :
- La méthode 2357. Apprenez un sujet le jour 1, puis révisez-le les jours 2, 3, 5 et 7. Elle fonctionne comme un cycle hebdomadaire pendant l'année, et elle existe en version compte à rebours pour une date d'examen fixée.
- Le calculateur de répétition espacée gratuit de Glasp. Saisissez une date de début et la date de votre examen. Il place des révisions à 1, 3, 7, 14, 30, 60 et 120 jours, supprime celles qui tombent le jour de l'examen ou après, et ajoute une dernière révision la veille. Vous pouvez télécharger le calendrier sous forme de fichier d'agenda.
Cette dernière révision, la veille de l'examen, conserve la seule bonne idée du bachotage : revoir la matière juste avant l'épreuve pour l'avoir fraîche en tête, mais sans la nuit blanche.
L'autre moitié du travail consiste à rendre chaque révision assez rapide pour que vous la fassiez vraiment :
- Surlignez dans un but précis. Le surligneur web de Glasp fonctionne sur les pages web et les PDF : vos lectures obligatoires et vos diapositives de cours en PDF se retrouvent ainsi au même endroit. Le jour de la révision venu, vous disposez d'une courte liste des passages qui comptaient, au lieu de 300 pages à relire. Transformez chaque surlignage en question, et répondez-y avant de regarder.
- Condensez les longs cours. Pour les cours et les vidéos explicatives sur YouTube, YouTube Summary vous fournit un résumé et la transcription complète, que vous pouvez lire et surligner. Revoir les points clés prend quelques minutes, au lieu de revisionner toute la vidéo.
- Confrontez vos réponses à vos sources. Le chat IA de Glasp cherche dans tout ce que vous avez surligné pour répondre à une question, et vous indique les sources sur lesquelles il s'est appuyé. Répondez d'abord à une question de mémoire, puis posez la même question au chat, comparez, et ouvrez ces sources pour voir ce qui vous a échappé.
Questions fréquentes
Bachoter vaut-il mieux que ne pas réviser du tout ?
Oui, si le test est proche. Dans l'étude de Rawson et Kintsch, la relecture massée l'a emporté sur une lecture unique lors d'un test immédiat, et dans l'étude de Kornell, les mots bachotés avaient encore un taux de rappel de 34 % le lendemain. Mais deux jours plus tard, ceux qui avaient relu d'affilée ne faisaient pas mieux que les étudiants qui avaient lu le texte une seule fois, tandis que ceux qui avaient espacé leurs lectures devançaient les deux groupes. Bachoter vaut mieux que ne rien faire ; étudier plus tôt vaut mieux que bachoter.
Le bachotage est-il mauvais pour le cerveau ?
Nous n'avons trouvé aucune étude montrant qu'une séance de bachotage isolée nuise au cerveau. Les coûts sont d'ordre pratique : ce qu'on bachote s'efface en quelques jours, et le bachotage empiète souvent sur le sommeil dont votre cerveau se sert pour stabiliser ce que vous avez étudié. Si vous bachotez et dormez quand même, la principale perte concerne la rétention.
Vaut-il mieux dormir ou réviser la veille d'un examen ?
Dormir, pour la plupart des étudiants. Dans une étude où 535 lycéens ont tenu un journal pendant 14 jours, les nuits de travail supplémentaire payées en heures de sommeil étaient suivies, le lendemain, de davantage de difficultés scolaires. Des étudiants privés de sommeil ont également obtenu de moins bons résultats à un test d'esprit critique, tout en évaluant leur performance plus favorablement. Révisez jusqu'à une heure raisonnable, faites un dernier tour de rappel, et allez vous coucher.
Combien de temps tient ce qu'on a bachoté ?
Pas longtemps. Dans l'étude de Rawson et Kintsch, l'avantage de la relecture massée avait disparu deux jours plus tard. Dans l'expérience de Roediger et Karpicke, le rappel des étudiants qui s'étaient contentés de relire était, au bout d'une semaine, inférieur de 52 % à celui mesuré au bout de cinq minutes ; chez ceux qui s'étaient exercés au rappel, la baisse était de 14 %. Attendez-vous à perdre en une semaine environ la moitié de ce que vous avez bachoté en relisant, à moins de le réviser.
Peut-on bachoter en une nuit et réussir quand même ?
Souvent, oui, et c'est pour cela que l'habitude perdure. Une nuit de bachotage vaut mieux que pas de révision du tout, même si les mêmes heures réparties sur une semaine auraient donné de meilleurs résultats. Vos chances augmentent si vous vous testez au lieu de relire, et si vous dormez quand même. Le risque vient après l'examen : les examens finaux cumulatifs et les cours suivants, qui supposent que vous maîtrisez encore la matière.
Faut-il réviser le matin d'un examen ?
Brièvement, et en faisant appel à votre mémoire plutôt qu'en relisant. Passez 20 minutes à écrire de mémoire les principaux sujets, puis à vérifier les lacunes. Dans une étude de 2016 menée à l'université Tufts, les souvenirs construits par la pratique de récupération ont mieux résisté au stress que ceux construits en réétudiant : le rappel est donc le meilleur échauffement.
Pourquoi le bachotage résiste, et comment en avoir moins besoin
Le bachotage résiste parce qu'il vaut mieux que rien pour le seul test qui arrive tout de suite. Il donne une impression de productivité, il vous permet souvent d'obtenir la moyenne, et son coût n'apparaît que plus tard, à l'examen final et dans le cours suivant.
Avancez dans le calendrier une partie des heures que vous consacreriez au bachotage, et faites de chaque séance un exercice de récupération plutôt qu'une relecture. Mêmes heures, autre calendrier. Quand ce n'est pas possible, bachotez intelligemment : testez-vous, mélangez les sujets, et protégez votre sommeil.
Glasp facilite le travail en amont. Surlignez vos lectures et vos cours sur YouTube au fil du semestre, pour que chaque jour de révision parte d'une courte liste de ce qui comptait. Planifiez ensuite vos révisions avec le calculateur de répétition espacée, et confrontez vos réponses à vos propres sources avec le chat IA de Glasp.
Bachotez s'il le faut. Puis dormez. Puis attaquez le chapitre suivant une semaine plus tôt.